Quelques astuces pour se faire recruter dans la tech

Le secteur de l’informatique attire beaucoup de monde : il est ouvert aux reconversions, et les conditions de travail proposées sont généralement intéressantes. Il ne suffit cependant pas de dire “je veux un nouveau poste” pour en obtenir un : voici quelques astuces pour vous aider à décrocher un job dans ce domaine !

Pour qui sont ces conseils ?

Ces astuces sont destinées aux personnes souhaitant trouver un nouvel emploi dans l’informatique, peu importe leur expérience. C’est essentiellement orienté “développement de logiciel” (autrement dit : coder). Sur le papier, c’est facile : il semble y avoir plus de travail que de main d’œuvre. Dans la réalité, c’est un peu plus compliqué : il faut réussir à se vendre pour se démarquer des autres candidats, surtout si votre CV est atypique. Et si vous êtes dev, votre travail est surtout de faire, plutôt que de vendre. Mais pas de panique, cet article est là pour vous aider.

Du point de vue d’un potentiel employeur, toute embauche est un pari, et se planter peut coûter cher. Il faut donc rassurer les recruteurs, les convaincre en leur montrant ce que vous savez faire. Cela demande du temps et un certain effort… Mais puisque je suis fainéant, l’idée est de dépenser cette énergie efficacement pour augmenter les chances d’être recruté.

Astuce 1 : faites de l’Open Source

En bref : soyez visibles sur GitHub et GitLab, sur des projets rien qu’à vous ou sur des projets communautaires.

  • Les projets communautaires : ils sont un bon moyen de prouver que vous savez vous intégrer à des projets complexes. Vous démontrez ainsi que vous savez appréhender une base de code et l’enrichir. Si vous ne savez pas par où commencer, lisez le retour d’expérience de Stéphane Philippart.
  • Les projets perso : ils mettent en valeur ce que vous savez coder, mais pas seulement. La doc est aussi importante que votre code : une doc bien ficelée atteste que vous savez présenter vos projets, ses cas d’usage, et ses particularités techniques.
    • Exemples : ce truc et cet autre truc. Ce sont des projets simples, et j’ai essayé de faire en sorte que n’importe qui puisse les comprendre.

Astuce 2 : participez à des événements tech

Pour les conférences sur les technologies du moment, il n’y a pas que Devoxx ! Il existe des événements en ligne gratuits (tels que l’AsynConf), et peut-être des choses près de chez vous. Ils vous donnent l’occasion d’en apprendre plus sur des technologies, des méthodes, des entreprises, et de rencontrer des personnes du milieu.

Pour trouver ce qu’il se passe près de chez vous :

  • Demandez à des gens du milieu que vous connaissez
  • Contactez les centres de formations
  • Utilisez un moteur de recherche avec le nom de la ville la plus proche, et quelques mots clés : “GDG” (Google Developer Group), “JUG” (Java User Group), “AFUP” (Association Française des Utilisateurs de PHP).

Par exemple, si vous cherchez “AFUP Lyon” ou “GDG Bordeaux”, vous trouverez des “meet-up”. Et si vous avez l’impression qu’un groupe n’est plus actif, vous trouverez certainement les noms des personnes qui l’animaient : contactez-les sur LinkedIn ou Twitter, et demandez-leur s’ils peuvent vous aiguiller vers les structures actives de votre région.

Note : vous ne faites pas de PHP ? Cherchez quand-même ce que fait l’AFUP. Ils sont ouverts et s’intéressent au développement au sens large. Cette remarque est valable pour les autres groupes également

A Tours, on est plutôt gâtés : on retrouve la plupart des événements sur l’agenda de Palo Altours, et l’AFUP, TADx, et le GDG sont très actifs.

Astuce 3 : écrivez

Ecrire : pourquoi ?

C’est un moyen simple et efficace de montrer votre savoir-faire.

Ecrire : où ?

Montez un blog. Vous pouvez publier sur Medium ou LinkedIn, mais c’est plus intéressant de publier sur votre propre site.

Utilisez de préférence une technologie qui parle au gens de la tech. Evitez Blogger, Wix et WordPress*, et lancez-vous avec Jekyll, Hugo ou Gatsby, et hébergez ça sur Github Pages, Gitlab Pages, Cloudflare Pages, Netflify ou Vercel. Pourquoi ? Parce que c’est relou (et que les versions gratuites de ces plateformes suffiront amplement pour votre besoin).

Ces technologies ne sont pas conçues pour des blogueurs qui souhaitent publier du contenu, mais pour des développeurs qui souhaitent publier du contenu, et le gérer comme du code. Typiquement, depuis que j’ai goûté à la gestion de documentations au format Markdown, avec git pour gérer le versionning et la collaboration, j’admets avoir du mal à m’en passer ! Retrouver ce genre de technologies pour gérer mon blog me facilite la vie.

Le simple fait d’utiliser ces outils pour votre blog vous forcera à manipuler git et à faire un peu de développement web : c’est moins simple que d’écrire dans un éditeur qui vous guide, mais vous apprendrez des choses en mettant les mains dans le code.

*: A propos de Wordpress : en vrai, c’est pas mal, mais à n’utiliser que si vous savez vraiment l’optimiser et le sécuriser. Sinon vous obtiendrez un magnifique site web en installant plein de modules, mais il sera très lent à charger et aura peut-être quelques failles de sécurité.

Ecrire : quoi ?

Ecrivez à propos des sujets sur lesquels vous travaillez. Vous savez utiliser LetsEncrypt ? C’est un article. Vous kiffez Maven ? C’est un autre article ! Vous préférez IntelliJ à Eclipse ? Hop, encore un autre article !

J’ai par exemple écrit un article sur le sujet “pourquoi mon site est-il si basique ?”.

Astuce 4 : veille techno

Mon premier emploi était en tant que développeur sur une technologie propriétaire : Genero/4GL. Si vous ne connaissez pas, c’est normal : parce que c’est un langage propriétaire, on trouve peu d’informations dessus. J’avais besoin d’un travail, il fallait que je commence quelque part. Mais j’étais d’avis que me spécialiser dans cette niche était le meilleur moyen de m’enfermer, et de tuer ma carrière avant même qu’elle ne commence.

Quand j’ai ressenti le besoin de quitter cet emploi, j’ai fait l’inventaire des compétences que j’avais acquises : j’avais de l’expérience technique sur Genero/4GL, PL/SQL (Oracle), SoapUI (+ Groovy), Jira, ALM QC, RedMine et la suite Microsoft Office. J’étais devenu un développeur expérimenté dans ce contexte, avais mis en place des protocoles et des outils de tests, participé à des tests de performance, fait des revues de code, formé des développeurs, écrit des articles dans le wiki pour capitaliser les connaissances, et j’avais traduit des besoins clients en spécifications fonctionnelles et techniques.

J’avais une liste intéressante, mais qui avait un défaut : mon expérience en développement était limitée à Genero/4GL. J’ai donc commencé à me former sur d’autres technologies. Je ne les ai pas choisies au hasard : j’ai expérimenté avec celles qui avaient piqué mon intérêt à l’époque. J’ai donc joué un peu avec Elasticsearch et Javascript : je les ai utilisées, et je me suis intéressé à leurs subtilités (la configuration du sharding et des replicas pour Elasticsearch, la façon dont JS gère les opérations asynchrones, …). J’ai le souvenir d’avoir eu un entretien technique très intéressant chez Apside TOP, sous la forme d’une discussion à propos de javascript avec Mickael Débonnaire. Puisque j’ai été embauché peu de temps après, j’en déduis que je n’ai pas raconté trop de bêtises.

A la question “je dois utilisez quoi pour faire ma veille ?”, la première réponse est : du temps. Imposez-vous une routine, par exemple : “un soir dans la semaine, je prends une heure pour lire des articles et faire ma veille”. La deuxième réponse : diversifiez vos sources d’informations. Commencez par .

Astuce 5 : LinkedIn

LinkedIn c’est l’enfer, et un compte twitter existe pour en partager le pire. Mais LinkedIn, ça marche aussi super bien pour la visibilité : c’est sur cette plateforme que j’ai décroché mes 2 derniers CDI. Vous voyez un article et avez un avis ? Apportez-le en commentaire ! Partagez vos articles de blog, partagez votre veille techno, vous allez finir par devenir visible :

  • Vous recevrez probablement plus d’offres d’emploi
  • Quand vous répondez à une offre, le recruteur pourra se faire une idée sur votre candidature en consultant votre profil et votre activité

Astuce 6 : demandez à des professionnels

Recruter, c’est un métier ! Mes conseils :

  • Suivez Shirley Almosni Chiche sur Twitter : le recrutement dans l’informatique, elle connaît !
  • Contactez un spécialiste du recrutement :
    • J’ai un bon souvenir de mes interactions avec le cabinet Michael Page
    • Contactez Buildrh pour leur service “Agent de carrière” (il s’agit tout simplement de l’entreprise de Shirley)

Conclusion

En bref continuez de travailler votre savoir-faire, mais ne négligez pas votre faire savoir ! Personne ne peut deviner tous vos talents, c’est à vous de les mettre en avant.

Autopromo

  • Pour me contacter, venez sur Twitter ou LinkedIn.
  • Pour papoter en direct, je suis aussi sur Twitch (en ce moment, je code et je fais de la veille technologique).
  • Et une fois par semaine, j’essaie de partager des choses intéressantes dans ma Newsletter.

Publié le 12/12/2021